Le vélo et la vie d’adulte

Il y a quelques jours, en rentrant du boulot, j’étais à vélo à un carrefour bien chiant de Strasbourg, le carrefour qui rassemble une entrée/sortie d’autoroute, une entrée/sortie de voie express, et entre les deux, une route pas très fréquentée en dehors du tramway local. Quand on est sur cette route, en fait, on est voué à attendre ledit tram, parce que c’est le seul moment où les feux passent au vert dans ce sens.

Et donc j’arrive à ce carrefour, un cycliste déjà en train d’attendre devant moi, les voitures et les bus qui commencent à s’accumuler sur le côté, et, comme tout cycliste avec un peu d’expérience, j’entends du coin de l’oreille qu’un autre cycliste au moins vient de se poster derrière moi. Et on attend.

Le tram arrive, le feu passe au vert, je me lance et… et je ralentis, parce que le mec devant moi n’est pas un rapide. Je ne tente pas de le doubler parce que les voitures sur le côté passent vite et près, alors je prends mon mal en patience, je lui colle au cul et je roule à son rythme. Le type derrière moi est un pressé, et lui n’a pas peur de passer sous un bus, alors il nous double tous les deux en trombe. Et là, je constate un phénomène étrange : le cycliste qui était devant moi commence à accélérer pour coller au cul de celui qui vient de nous dépasser. C’est un phénomène connu, et auquel je ne suis pas étranger, puisque comme j’étais parti pour coller le cycliste devant moi, j’accélère moi aussi.

Et c’est là qu’une partie de moi-même me dit que non, c’est pas une bonne idée, et que j’ai plutôt intérêt à prendre mes distances avec les deux types qui jouent à qui roule le plus vite. Encore aujourd’hui, j’ai du mal à définir si c’est mon instinct qui me dit ça (après tout, c’est mon instinct qui m’a poussé à accélérer pour suivre la troupe au début), ou si c’est une partie plus consciente de mon cerveau, qui n’a pas jugé bon de se manifester dès le départ.

Toujours est il que trente mètres plus loin, au croisement suivant, le cycliste de tête freine fort pour laisser passer une voiture. Son poursuivant freine en catastrophe, sa roue arrière décolle, il s’explose les couilles sur la barre transversale du cadre, et il n’aura pas fini par terre juste parce qu’il aura pris appui sur son prédécesseur.

C’est là que je me dis que c’est peut-être ce que ça signifie d’être adulte (en partie). C’est de la gestion du risque, en fait. Savoir prendre un peu de recul, au propre comme au figuré.

C’est pas la première fois que ça m’arrive de me sortir d’une situation qui a l’air de mener au carambolage, mais c’est la première fois que je me dis que je l’ai évité parce que je commence à être vieux.

Le vélo et la vie d’adulte

Les travaux de 2018 – seconde partie

Une fois le parquet posé dans ma nouvelle chambre, il fallait donc construire des meubles. Le challenge vient du fait que c’est la plus petite pièce de la maison, et donc qu’il était essentiel que j’utilise le minimum d’espace pour avoir le maximum de rangement.

Le principe était que je collais le lit contre la pente du toit, et effectivement il ne faudra pas que je me lève brusquement si je dors dans le coin, mais de cette façon là je préserve l’espace opposé. Ca me laissait 90cm d’espace perdu, que j’ai donc rentabilisé avec une tête de lit et un pied de lit qui collent au millimètre près contre le mur, qui contiennent chacun des tonnes de rangements (coffres, tiroirs, et rangements secrets), et qui en plus me font le luxe de cacher une grande partie des tuyaux de chauffage.

Au delà du challenge de tout millimétrer (et de se rendre compte qu’évidemment, les murs ne sont ni droits ni perpendiculaires), mon autre challenge débile (ou pas) aura été d’intégrer un système de lumière indirecte pour des réveils plus faciles.

Bon, c’est pas autant optimisé que je l’aurai voulu, mais c’est un premier pas. Comme c’est moi, j’ai évidemment des fonctions à la con, genre l’allumage et l’extinction automatique des lumières le matin, un mode qui cale la lumière sur la musique ambiante, et évidemment, 65 millions de couleurs possibles

Oui, je sais, là c’est juste le RGB classique (ou plutôt RBG, et encore, mon téléphone ne rend pas hommage au rouge). Mais l’idée est là.

Bon, j’ai encore pas mal de meubles à faire, notamment pour occuper l’espace sous le lit, et des rangements pour mes fringues, parce que pour l’instant, c’est limité. Mais ça attendra un peu, j’en ai marre de foutre de la sciure partout !

Les travaux de 2018 – seconde partie

A propos de minimalisme

J’ai hérité de mes parents l’habitude de tout garder. Parce que « ça peut servir un jour ». Et c’est occasionnellement le cas, oui. Mais différentes expériences (et en particulier deux filles) m’ont appris à tempérer cette habitude, voir à aller dans la direction opposée. D’abord à faire le vide chez moi de toutes ces choses qui prennent une place monstrueuse, qui prennent la poussière, ou qui ont une légère valeur sentimentale mais strictement aucune utilité. Et ensuite à ne pas remplir inutilement l’espace fraîchement libéré avec de nouvelles choses.

Ca marche pas trop mal, et je dois concéder qu’avec le temps, ne plus avoir un espace visuel chargé, mais au contraire un panorama simpliste est apaisant. En cela, le minimalisme a du bon. Après, je ne vais pas non plus mentir, il reste quelques postes chez moi qui continuent d’accumuler du matériel, en particulier la littérature. Pour moi, une grande bibliothèque a toujours apporté une touche inégalée à un lieu.

En parallèle, j’étais tombé il y a quelques mois sur cet article qui décrivait plusieurs façon d’être minimaliste (l’article se veut exhaustif, mais c’est peut-être un peu prétentieux). Ca m’a confirmé qu’on peut être minimaliste sans s’être débarrassé de tout. Et c’est là où je veux en venir. Comme beaucoup de bricoleurs, j’ai commencé ma carrière avec un marteau, deux tournevis, et une pince. Et avec le temps, j’ai accumulé pas mal d’outils différents. Beaucoup, même. Cette semaine encore, j’ai acquis une ponceuse orbitale. Pourtant, j’avais déjà une ponceuse à bande, et une vieille ponceuse excentrique qui doit avoir trois générations de plus que moi. Mais voilà, après l’avoir utilisée, cette ponceuse s’avère plus efficace que ma ponceuse à bande, plus rapide que mon antique ponceuse excentrique (et demande moins de maintenance), et clairement moins fatigante que le ponçage à la main. Est ce que pour autant je dois me débarrasser de mes autres ponceuses ? Bon, ok, peut-être pour la vieillerie. Mais pas la ponceuse à bande. Parce que la vérité, c’est que jusqu’à présent j’utilisais cette ponceuse à bande parce que c’était mon seul outil pour le job. Mais ce n’était pas le bon. C’est ça la leçon que j’ai réapprise : le bon outil pour le bon job. Chacun a son utilité, et à voir ma cadence de travail, disposer des bons outils pour le bon job augmente ma capacité à faire du bon boulot dans un temps réduit, avec des contraintes réduites, une consommation réduite, et un résultat plus propre.

C’est aussi ça, le minimalisme (et en plus ça me donne l’excuse d’avoir un atelier bien fourni).

A propos de minimalisme

Projet lightbox

Parmi les autres projets en cours, j’avais une lightbox dans les tuyaux. Je pourrai expliquer pendant des heures ce que c’est, mais une photo le fera bien mieux.

La première donne une idée de l’engin, la seconde montre la représentation une fois la lumière intérieure allumée.

C’est de la découpe au laser et un petit ruban de LED acheté trois fois rien. Comme souvent, le plus compliqué aura été de faire les plans, en cela que ça m’a pris un temps fou.

Projet lightbox

Les travaux de 2018

J’ai laissé cet endroit un peu à l’abandon ces derniers temps, la faute à pas assez de temps dans une journée pour en plus prendre le temps de raconter des choses ici. Pour commencer, j’ai enfin démarré les gros travaux que j’envisageais pour cette année (enfin, une partie vu que je visais trèèèès large). En l’occurrence, j’avais prévu de refaire intégralement ma chambre d’ami, et après réflexion, j’avais même prévu d’en faire ma chambre tout court. C’est la plus petite pièce de la maison, mais avec un peu d’aménagement, je peux y caser tout ce qui constitue ma chambre (un grand lit, de quoi ranger mes fringues et… c’est à peu près tout). Ca me permet de récupérer plus d’espace pour une autre pièce, typiquement ce qui deviendra chambre d’ami et bureau à la fois. Là aussi, la quantité de projets que j’ai actuellement a fait que j’avance pas très vite…

Au programme, enlever les lambris aux murs, enlever le papier peint là où il n’y avait pas de lambris, refaire les cloisons avec de placo, enduire et peindre.

Après quoi il fallait remettre le radiateur et toutes les fixations de la tuyauterie, et même remettre un coup de pression dans le système (ce que j’ai réussi à faire du premier coup sans rien faire exploser de ma chaudière à gaz, je suis assez content de moi pour la peine).

L’étape suivante, c’est d’enlever le vieux parquet tout fichu, et d’en mettre un nouveau. Ce dernier point est pas encore fait. Et après, on passera à la construction des meubles.

Les travaux de 2018

Life goes on

Pour faire court (parce que le nouvel éditeur de WordPress m’a planté mon article plus long), les histoires de santé de mon Papa … bougent, à défaut de pouvoir dire mieux. Son cancer de stade 4 a été reclassé en « stade 2 très virulent ». Difficile de savoir si c’est mieux. Il a commencé une chimio qui se veut très agressive, et il la supporte plutôt bien pour l’instant. Par contre, il a refusé la cystectomie qui devait suivre et terminer la procédure de guérison, parce que je connais mon Papa, il refuse qu’on touche à sa prostate (en bon biologiste, il connaît, et a même été témoin des dérèglements dévastateurs que ça peut causer.) So what? Bah So be it. Comme je le disais à ma sœur, c’est sa vie, son corps, son choix. C’est certainement pas moi qui me permettrait de critiquer (je me garderai bien de prétendre savoir quoi faire à sa place.) C’est un grand, il fait ce qu’il veut, et il a pas besoin de mon avis sur le sujet. Il a juste besoin de mon soutien, et ça c’est déjà réglé.

Life goes on

Un conseil à chaud

En discutant l’autre jour avec Phèdre, elle me demande de lui donner un conseil. Pas à propos d’un sujet, sans contexte, juste « un conseil », comme ça. J’avoue, j’ai été déstabilisé, j’ai pas l’habitude de réfléchir sans aucun contexte. Et finalement, c’est un exercice assez bizarre quand on ne s’y est pas un peu préparé. Essayez-voir, là comme ça ; vous devez donner un conseil à un ami, n’importe quel ami, n’importe quel conseil, mais de préférence, un conseil qui ait du sens et de la valeur, assez pour avoir un réel impact sur sa vie. Et quelque part, pour moi, j’ai rapidement résumé ça à « quel conseil j’aurai pu vouloir me donner dix ans plus tôt, vingt an plus tôt (ouais, je commence à accumuler les années, en fait) ? »

En fait, une fois que j’ai compris l’énoncé, la réponse m’a paru être d’une évidence à toute épreuve, en tout cas en ce qui me concerne. Mon conseil, à elle, à mon moi d’il y a des années, à n’importe qui qui voudrait profiter de mes échecs et de mon expérience ? C’est simple. « Sois créative. »

Et par là, je n’entends pas que « imagine des trucs » ou « trouve des idées ». Certes, ces étapes font partie de la créativité, mais la finalité, c’est bien de créer, de faire, de donner forme à ces idées, de les ancrer dans une réalité bien concrète qu’on peut plus facilement communiquer qu’une simple idée. J’ai pour ma part trop souvent été limité à la réflexion, à l’imagination, et je m’étais bien trop peu attaqué à la réalisation.

Au début, j’étais comme beaucoup de gens, à dire que je ne suis pas vraiment un créatif, que je n’avais aucun don pour ça, ni aucun talent (syndrome de l’imposteur, quand tu nous tiens…). Jusqu’à ce que je comprenne que la créativité n’est pas codée dans nos gênes, c’est comme beaucoup de compétences quelque chose qui s’apprend, qui se travaille, qui s’instruit. Et c’est un apprentissage qui ne finit jamais, parce qu’on n’est jamais *trop* créatif. On peut toujours l’être un peu plus.

Mais surtout, la créativité est une forme de thérapie, de moyen de reprendre confiance en soi, de se montrer qu’on est capable, et parfois même avec assez peu d’efforts. Et soyons honnête, c’est aussi un moyen de s’abrutir, de ne pas penser à certaines choses qui sont encore parfois trop fraîches pour être processées avec calme et recul. Et si parfois je me suis un peu trop enfermé dans ce travers pour éviter d’avoir à faire face à certaines de mes erreurs ou certaines de mes expériences pas forcément heureuses, il y a toujours une sortie obligatoire quand on arrive au bout d’une création importante (mon salon, anybody ?)

Je crois que je pourrai en parler pendant des heures, mais je suis déjà chiant avec si peu de mots, et ça serait rajouter des couches inutiles à un conseil à la base très simple. Soyez créatifs, s’il vous plaît. Imaginez puis faites des choses, pour vous, pour les autres, pour rien, mais créez, donnez vie à vos idées, et admirez ce dont vous êtes capable, aussi infime cela soit-il. On commence tous comme ça (et comme je l’ai dit, on ne finit jamais.) Et on fait tous des erreurs, des créations foireuses ou débiles. Mais c’est comme ça qu’on apprend, qu’on progresse, et qu’on grandit.

Un conseil à chaud

Recyclage kawai

Quand je fais des découpes au laser au fablab, je me garde souvent les bouts de contreplaqué qui restent, parce qu’il y a toujours moyen d’en faire quelque chose. Jusqu’au jour où je trouve que j’accumule trop, et que je décide d’en faire vraiment quelque chose.

Ce projet aura été bouclé en une semaine, depuis le moment où j’y pense jusqu’au moment où c’est fini.

En fait, vu que c’est prévu pour être des mobiles, il faudrait encore que je leur mette une corde, et que je les accroche, mais vu que le support pour lequel ils sont prévu n’existe pour l’instant que dans ma tête, ils vont restés exposés un moment.

Recyclage kawai