On n’est pas fait en sucre !

Pour mes congés, un de mes objectifs était de faire quelques randos sérieuse, voir de tester si je tenais la route en mode trail. Histoire de pas trop se mettre la pression, je me suis dit que je ferai deux, voir trois parcours, mais je n’ai planifié que le premier, s’agissant de tests, je ne voulais pas trop me mettre la pression non plus.

Et donc j’ai choisi de faire 35km pour ma sortie. Et comme je partais de chez mes parents, j’y allais un peu au hasard niveau météo. En l’occurrence, il était prévu des averses orageuses toute la journée, mais je savais que les prévisions météo sont très aléatoires dans le coin, j’étais équipé pour le pire, et puis bon, si j’attends que la bonne occasion se présente, je ferai jamais mes parcours. Avec 850m de dénivelé positif, je me suis dit que c’était correct pour tester, sans trop en faire non plus.

J’ai planifié totalement au hasard, en cherchant un sommet intéressant (Le champ du feu, au hasard) et un point de chute qui dispose d’une gare correcte (même si en fait, j’ai suivi l’exemple d’Aline et j’ai utilisé l’appli SNCF pour avoir un e-billet). J’ai regardé pour avoir le plus de chemins en forêt et c’est à peu près tout. Et l’idée était de partir à 8h de chez mes parents, pour avoir tout le temps nécessaire. Je ne m’étais pas fixé d’objectif particulier, histoire de ne pas subir de pression inutile (ce qui est prône à me faire faire des conneries).

Je suis donc arrivé la veille, et pour le test toujours, je suis allé de la gare jusqu’à chez mes parents au pas de course (2km à peu près). Sans tenir le chrono, je trouvais que la forme était là. Par contre, à l’arrêt, je transpirais bien, et comme j’avais pas trop de change pour le lendemain, j’ai changé mon T-shirt de rando par un qui trainait chez mes parents ; ça m’a fait rire de tomber au hasard sur un de mes T-shirts de Metal de quand j’étais ado. A l’époque, c’était beaucoup trop grand pour moi, et je pense que ça hérissait le poil à mes parents. Maintenant, c’est à la bonne taille, mais ça a quand même du les défriser.

Ah, Alice in chains

Je suis finalement parti à peine plus tard que 8h, sous une pluie légère, quoique persistante. J’ai commencé au pas de course par une descente jusqu’à la gare par laquelle j’étais arrivé la veille puis remontée direct par dessus le premier col. Et là, sans prévenir, des pentes à 20%… Bon, on va pas se leurrer, j’ai pas couru très longtemps, mais la marche rapide, j’y arrivais bien. Quand la pente était plus clémente, je reprenais la course, mais c’était clairement pas la majorité, sans compter qu’avec la pluie, les cailloux et les racines d’arbres étaient glissants, et donc j’y suis allé doucement pour par risque de me faire mal (une entorse en haut du champ du feu, j’aurai eu l’air fin..). Du coup, j’ai mis le temps. Ou du moins je le pensais, jusqu’à ce que 2h30 plus tard, je me retrouve au sommet. C’était un poil avant la mi-parcours (15km sur les 35). Je me suis impressionné tout seul, probablement parce que je ne regardais absolument pas l’heure pendant tout ce temps.

J’avoue que pendant la montée, en comparant avec mon parcours d’anniversaire où j’avais fait 18km en 3h, je me disais que vu la distance et le dénivelé plus important, c’était jouable en 7h, même si intérieurement j’espérais me rapprocher des 6h. Et c’est donc à partir du sommet que je me suis dit que 6h, c’était jouable. Sauf que…

Sauf qu’arrivé à ce niveau là, mon genou gauche m’a comme d’habitude dit merde. Il est malpoli, je sais. En fait, je pense que c’est plus l’articulation sous le genou, et pas le genou lui-même. Ça a sévèrement limité ma capacité à courir, et j’avoue que rapidement, j’ai renoncé à faire plus qu’un petit trot, toujours de peur de me faire vraiment mal. Mais encore une fois, la marche rapide, ça allait. Donc j’ai marché rapidement. J’ai vite compris que c’était le fait de plier vraiment la jambe qui posait soucis, probablement un soucis avec le haut du mollet. La jambe droite, par contre, aucun soucis. Donc bon, j’ai plus trop pensé aux 6h, espérant déjà finir les 20km restants.

Du coup, les pentes douces, aucun soucis. Mais j’avais quand même presque 800 mètres à descendre (et vu que je remontais un peu, peut-être même plus), donc à la fin, dans les pentes plus raides, ça a été assez compliqué. Mais j’ai géré, toujours avec à l’esprit de garder ma jambe intacte, parce que j’étais quand même en pleine forêt, avec un téléphone dont la batterie descendait quand même pas mal.

En fait, les 6h, ça m’intéressait, parce que ça aurait pu théoriquement me permettre de choper le train de 14h, même si pour ça il aurait fallut que je parte un peu plus tôt. En fait j’avais que 5h40 devant moi, sans compter une seule minute pour acheter mon billet. Donc j’ai arrêté d’y penser. Je me disais que si déjà j’arrivais à me rapprocher des 6h, ça voudrait dire que j’avais tenu le même rythme que pour ma rando d’anniversaire, mais avec le double de chemin, ce qui me semblait un bel exploit, sachant que je ne courrais presque plus.

Et puis est arrivé un truc étrange. J’avais évidemment OSMAnd pour me guider, et Opentracks pour suivre mon résultat. Et l’un me disait qu’il me restait 12km à faire, l’autre que je faisais un peu plus de 6km/h, et qu’il était même pas midi. Tout à coup, le train de 14h a semblé réalisable, mais pas trop quand même à cause de ma jambe gauche. Je me suis dit que j’allais simplement continuer comme je faisais, en gérant suivant mes sensations, mais en essayant de marcher aussi vite que possible, voir en courant tranquillement pendant un petit moment.

Ce qui a compliqué la chose, ou l’a peut-être rendu plus facile, c’est qu’avec la batterie déclinante, je regardais beaucoup moins mon timing. C’était vraiment au jugé de mes sensations. Mais les rares fois où je regardais, c’était limite. Entre temps, j’ai commencé à me demander si j’allais acheter un billet à la machine, des fois que mon téléphone me lâche (« je vous assure monsieur le contrôleur, j’ai un e-billet, juste plus de téléphone », ça marche souvent, c’est connu). Rapide coup d’œil, 30% de batterie, c’est gérable, et le train arrive presque immédiatement après. Ouf ! Mais donc, j’ai mis 5h40 ? Pas tout à fait…

Bon, j’ai envie de dire que c’est une belle performance, et en soi, vu que je fais 9 minutes du kilomètre, alors que j’étais à 10mn début Août sur un trajet plus court, je me dis que c’en est une. Mais finalement, ce que je retiens, c’est que pour l’instant, j’ai tout intérêt à rester dans la tranche 10/15km, histoire de gagner un peu en facilité, parce que je peux pas non plus me mettre la jambe gauche en vrac à chaque fois. Et du coup, ça tombe bien que j’ai pas planifié le reste des parcours, parce que ça dépendra du temps que je mets à retrouver ma forme initiale, et ça sera forcément des trajets plus courts. Ça me donne une idée sur ce que je dois viser raisonnablement. Je referai peut-être plus tard des trajets plus longs, mais en tablant d’abord sur 20km avant de revenir à 35 ; et ça sera pour quand je serai plus à l’aise.

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