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L’histoire se répète

C’est l’histoire d’une maman. Probablement une gentille maman, d’ailleurs. Mais aujourd’hui elle est un peu pressée, elle doit emmener les gamins à l’école, et elle est à la bourre. Elle fonce, et arrive presque à l’heure. Elle s’arrête à un feu juste à côté de l’école. « Allez les gamins, allez-y vite avant que le feu ne repasse au vert ! » Les gamins ouvrent la porte de la voiture, et accrochent un cycliste au passage. Le cycliste, c’est moi. Forcément, à côté de la route, il y avait la piste cyclable. J’ai fait un écart, j’ai évité les gosses, mais pas la portière. Forcément, le vélo tombe, moi avec. Pas de bobo, je me relève, les gamins sont affolés, la maman aussi, j’essaye de la calmer, ça va. Non ça va pas, me dit-elle. Ah oui, je saigne. L’arcade, ça pardonne pas. Bon, j’ai pas mal, je tiens parfaitement sur mes jambes, j’ai pas perdu connaissance, tout semble aller. Je compresse et j’essaye de calmer la pauvre dame, c’est pas gravissime, j’ai déjà vécu bien pire (rappelez vous, il y a 15 ans, au début de ce blog, exactement pareil mais avec une fracture du coude à l’appui). Là, les articulations vont bien, rien à craindre.

Bon, je finis par la convaincre que ça va, même si je compresse toujours et que ça saigne toujours un peu (ça va, c’est pas un déluge non plus). Je continue jusqu’au boulot en compressant, soit une petite demi heure de trajet. J’arrive, je gare mon vélo, j’appelle le chef pour lui dire que je fais un crochet par l’infirmerie, j’aurai du retard. L’infirmière est pas trop inquiète mais comme à un endroit la plaie est profonde, elle m’envoie aux urgences pour me faire recoudre. Je préviens le chef, je demande à récupérer mon PC pour la réunion de demain à Paris, et je me fais emmener aux urgences. On me pose 5 points de suture, contre un ou deux prévu initialement, on me file un petit dej, parce que d’habitude, c’est à 9h au bureau que je le prends. Le taxi me ramène au bureau, je rassure mon chef, et je suis content de n’avoir qu’un jour d’arrêt, j’ai des réunions vraiment importante demain et je me sens vraiment bien (non, on ne m’a pas shooté). Par contre, je les ferai finalement en visio de Strasbourg, pas de voyage à Paris. J’envoie mes papiers à la RH, je prends mon vélo, je vais déposer les autres papiers à la CPAM, je rentre, je nettoie mes fringues pleines de sang, je mange un morceau, je rassure tous les gens qui s’inquiètent pour moi, je vais faire un tour chez mon voisin histoire de pas être seul au début. Je répare sa voiture au passage. Puis je rentre chez moi, je pose la dernière trappe dans le faux plafond, je construis un radiateur pour mon poêle à bois, et je me dis qu’il serait temps d’acheter un casque sinon je vais encore me faire appeler Arthur.

Au final, j’ai un petit coquard, merci le froid alsacien pour avoir fait l’effet d’une poche de glace. J’ai des points de suture, mais j’ai pas spécialement envie de les regarder pour l’instant. Un petit peu mal aux côtes et la hanche, mais c’est aussi là que j’ai atterri. J’ai des éraflures mais rien de grave. L’ego va plutôt bien, pourtant, le cycliste qui chute à un ego de merde. Mais je crois que je suis stoïque ces derniers temps. Et on peut compter les jours maintenant pour voir si mes super-pouvoirs de guérison sont aussi bon qu’il y parait ! En tout cas, ne vous inquiétez pas, je ne suis pas mort !

4 réponses sur « L’histoire se répète »

Ah oui, le casque ! J’ai longtemps été réfractaire, et ça me gonfle toujours – ça applatit les cheveux – mais maintenant, je ne ferai plus sans !
Deux jours après : comment vas-tu maintenant ? Tu as réussi à dormir ensuite ?
Et c’est quoi cette histoire de radiateur pour ton poêle ?

Bah le casque, pour moi, c’est surtout limitant dans les mouvements de la tête, et vu que je passe mon temps à regarder derrière moi, c’est quand même pénible (mes cheveux, c’est de toute façon un combat perdu d’avance). Mais bon…
Deux jours après (trois maintenant), ça va exactement comme le soir même, à savoir très bien, je ne sens absolument rien. Pas de bobo, pas de douleur, rien qu’un petit tirement quand je fronce les sourcils. Par contre, pour ce qui est de dormir, effectivement, ça m’a posé soucis. J’ai l’habitude de dormir sur le ventre. Il parait que c’est pas bon pour la posture, mais je ne dors bien que comme ça. La j’ai du dormir sur le dos pour ne pas coller ma plaie sur le coussin. C’est juste l’enfer. Maintenant que la plaie est totalement sèche, je peux de nouveau dormir normalement, mais jusqu’à présent, j’ai fait des nuits de 2h30 à 3h. Et étrangement je n’étais pas beaucoup plus fatigué en journée.
Pour le radiateur, je reviendrai sur ce sujet dans peu de temps.

Passer du ventre sur le dos, j’ai dû en passer par là il y a une dizaine d’années en raison d’un problème d’arthrose aux cervicales, et c’est vrai j’ai galéré un certain temps avant d’y arriver, il m’a fallu plusieurs longues semaines pénibles.

Moi j’ai pas réussi, je suis revenu à une position sur le ventre. C’est chiant, parce que ça appuie sur l’endroit où j’ai pris le guidon en tombant, c’est pas douloureux mais assez gênant pour dormir. Mais au moins je dors.

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