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Les rapports sociaux, ces choses bizarres que je ne comprends pas…

Parmi les choses qui me font gamberger en ce moment (et il y en a un paquet), les rapports sociaux sont une préoccupation majeure. Et ça tient surtout à deux choses.

La première, c’est lié à un évènement survenu au début du mois, où on m’a reproché sur le ton de l’humour (un bon moyen de balancer des piques sans passer pour un gros con) de faire un faux pas vestimentaire en ne portant pas de ceinture. Alors vous me demanderez ce que j’en ai à foutre, et la réponse est évidemment « pas grand chose« . Sur le fond en tout cas. La forme m’a plus dérangé, parce que j’ai l’impression que quoi que je fasse, j’ai droit à ces piques (à ce sujet ou à un autre) et à un petit jeu qui consiste toujours à essayer de me faire sortir de mes gonds (celui là marche beaucoup moins bien cela dit). J’en viens à me dire que quoi que je fasse, je ne gagnerai jamais un brin de reconnaissance de ces gens que je considère pourtant comme des amis. Enfin, ça c’est ce que je me disais avant. En fait, avec les discussions que j’ai eues ces derniers mois, je me demande si ça ne cache pas autre chose. Parce que même en étant d’énormes trous du cul, mes amis m’aiment, j’ai pas vraiment de doute là dessus. Et pourtant ils m’en mettent plein les dents. Comment on concilie ça ? En fait, on ne le concilie que trop bien, en intégrant un tout petit détail, dont je crois que j’ai enfin réussi à m’en débarrasser moi-même. C’est un long débat que j’ai eu avec plein de gens plus ou moins proches, et il en ressort que beaucoup d’entre elles et eux (moi inclus jusqu’il y a peu) évaluent leur valeur par rapport aux autres (on parle de valeur comme on peut parler d’estime, ou juste d’image de soi). Beaucoup de ces personnes s’estiment bien si elles peuvent faire mieux que d’autres qui leurs servent de référence. Aujourd’hui je comprends bien que c’est une énorme connerie, et que l’estime tient surtout à notre propre perception, pas celle des autres. On n’a pas besoin de leur validation pour être quelqu’un de bien. Mais tout le monde ne le voit pas comme ça (et les gens à qui j’ai réussi à le faire voir comme ça me remercient aujourd’hui, ce qui me fait dire que je n’ai pas tout à fait tort). Et justement pour mes amis, je suis un de ces points de référence. Sauf que voilà, comme je le disais encore en début d’année, je comprends maintenant que je fais peur à certains, que ce que je fais les impressionne un peu trop, et que par essence, je fixe la barre un peu haut pour la référence. Oui, c’est très con de voir les choses comme ça, mais sincèrement, est-ce que ça ne vous est jamais arrivé ? Jamais ? Bref, j’en viens à voir ces piques comme un réflexe défensif de leur part, histoire de rabaisser un peu le point de référence à quelque chose d’atteignable, ou du moins d’avoir assez de points où ils sont meilleurs que moi. Je déteste ce comportement que je trouve complètement débile, mais étrangement, je l’appréhende mieux maintenant que je le vois comme ça, et ces piques font moins mal. Pour autant, est-ce que mon raisonnement est juste ou est ce que ça cache autre chose que je n’aurai pas encore compris ? Ou les deux ?

L’autre point, c’est un tiraillement interne où je crois connaître la bonne réponse sans arriver à vraiment la digérer… Difficile de donner le contexte sans trop en raconter (ça fait partie de ces choses que je dois garder pour moi pour l’instant, une autre raison pour laquelle ça me bouffe), mais concrètement, je perds des gens proches de moi, pour des raisons… débiles au mieux, inquiétantes au pire. Ces gens proches que je perds sont ostensiblement plus heureux comme ça, mais ça me bouffe qu’il faille en passer par sacrifier certaines amitiés (et pas que la mienne en l’occurrence) pour arriver à conserver d’autres relations. Alors que les deux ne sont pourtant pas incompatible, c’est juste une question d’humeur de certains protagonistes (putain, le jour où je pourrai parler librement de ça, ça va exploser de façon monstrueuse). Bref, je me retrouve aujourd’hui un peu esseulé, et je ne peux pas m’empêcher de dire que ce qui a conduit ces gens à faire ce choix de me sortir complètement de leur vie (même si « c’est juste temporaire« , y’a un moment où faut arrêter de me prendre pour un con) est idiot, ou le résultat d’une manipulation (peut-être involontaire, peut-être pas, j’arrive pas encore à le déterminer). Bref, ça se voit sans équivoque que c’est un sujet qui me retourne complètement. Et pourtant, quand on le regarde avec un peu de pragmatisme… Est-ce que c’est pas juste moi qui suis jaloux de ne plus avoir la complicité que j’avais avec ces personnes, et est-ce que ma réaction ne serait pas débile au regard du bonheur de ces gens (si je ne gardais pas tout ça pour moi) ? Moi qui reproche (intérieurement, encore, j’arrive pas trop mal à fermer ma gueule) à ces gens d’avoir des réactions émotionnelles sans la moindre réflexion, est-ce que je ne suis pas en train de faire exactement pareil ? Je serai alors sans aucun doute tout aussi débile. Bam, dans mes dents ! Et pour autant, est-ce que ça invaliderai tout ce que je pense ? Je n’en ai pas la moindre idée. Mais je sais deux choses : écrire ça ici va me permettre de passer à autre chose plus facilement. De toute façon, j’ai fini par comprendre que c’était pas la peine de me raccrocher aux branches de ce qui a été, plus vite j’accepterai la chute, plus vite je pourrai changer de sujet, aussi douloureuse que soit cette chute (de toute façon elle fait déjà mal).  L’autre chose que je sais, et ça aussi c’est une des clé de mon mental ces derniers mois, c’est distinguer ce qui est en mon pouvoir, et ce qui ne l’est pas. Et maîtriser les réactions et les sentiments des autres n’en fait pas partie (j’ai moi-même abandonné la manipulation il y a bien longtemps). Alors je me concentre sur ce qui est en mon pouvoir, et je laisse ce qui ne l’est pas entre les mains des autres. Mais c’est con, parce que je sais que, si comme je le crois, tout ce merdier explosera de façon retentissante dans un futur plus ou moins lointain, je serai toujours l’ami que je ne peux pas cesser d’être. Je me dis que c’est ancré dans mes gênes de ne pas pouvoir être *totalement* un connard. Et c’est aussi ça qui fait que j’ai la réponse à « Qu’est-ce que je fais de toute cette colère ?« . Je l’éteins, tout simplement. Et encore une fois, je passe à autre chose. Et surtout je continue de garder tout ça pour moi.

2 réponses sur « Les rapports sociaux, ces choses bizarres que je ne comprends pas… »

Compliqué tout ça ! 😉
Un peu en vrac : des amis qui te critiquent parce qu’ils ont un complexe d’infériorité vis à vis de toi, c’est pas des amis. C’est juste des relations, et c’est différent. C’est bien aussi, les relations, faut juste ne pas en attendre trop. Et les envoyer chier quand ils te marchent un peu trop sur les pompes.
Pour la colère, passer à autre chose, c’est possible un moment. Juste un moment. Fais gaffe à l’explosion, on ne maîtrise pas et ça fait des dégâts dans tous les sens.

Comme dit, c’est pas tant une critique qu’un réflexe défensif. Y’a aucune méchanceté volontaire là dedans. C’est lourd, mais c’est pas agressif.
Quant à la colère, je suis passé maître dans l’art de l’intérioriser. Elle n’explose plus, avec moi. En fait, ça ne se voit quasiment pas. Enfin, j’exagère, les gens voient que quelque chose est différent, mais ils n’arrivent pas à mettre le doigt sur ce qui ne va pas. Moi je le sais, et je le gère. C’est plus une question de voir ce que je peux faire de constructif avec toute cette énergie qui s’accumule.

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