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Contourner le problème

J’avais l’autre jour une discussion avec une collègue, où j’expliquais le principe de la base de connaissance que je construis. Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’elle a été bien moins enthousiaste que moi par rapport à ce projet. Et de m’expliquer que pour elle, je prenais le risque de ne pas entretenir ma mémoire.

Moi je vois le problème en sens inverse, en ne le faisant pas, je risque d’oublier des choses. Parce qu’au bout de 40 ans, s’il y a un truc que j’ai compris, c’est qu’il y a des choses que mon cerveau est incapable de retenir tout seul. C’est pas nouveau, ça a toujours été comme ça, ce petit enfoiré ne retient que ce qu’il a envie, et en général, c’est pas ce qui m’est le plus utile. Il m’a fallu plus de 30 ans pour retenir la date d’anniversaire de Maman, et même aujourd’hui, il me faut un temps pour être sur que je ne me plante pas. A l’inverse, je connais toujours par cœur le code de la fusée dans Final Fantasy 7 (Rond Carré Croix Croix pour les gens qui veulent savoir) alors que ça doit bien faire 15 ans que je n’y ai pas joué.

Mais à force d’essayer de retenir des choses, et de n’y arriver que rarement, j’ai développé une certaine capacité à identifier ce que je vais retenir ou non. Alors soit je lutte contre mon cerveau pour lui faire avaler une connaissance dont il ne veut pas, soit je travaille avec lui pour l’aider à faire son boulot correctement. Étrangement ou pas, j’ai préféré la coopération au conflit.

Mais dans l’ensemble, ça souligne un peu ce que j’essaye de mettre en place au fur et à mesure dans mon quotidien. De la même manière que je passe pas mal de temps à essayer de comprendre les autres, j’ai passé pas mal de temps à essayer de me comprendre moi-même. Et j’ai appris à respecter cette compréhension, et à l’utiliser pour contourner mes problèmes. Bon, OK, ça marche pas toujours, mais quand ça marche pas, c’est que j’ai encore des choses à comprendre (et oui, ça peut durer longtemps, ce cirque ; pas grave, j’ai le temps).