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A propos de minimalisme

J’ai hérité de mes parents l’habitude de tout garder. Parce que « ça peut servir un jour ». Et c’est occasionnellement le cas, oui. Mais différentes expériences (et en particulier deux filles) m’ont appris à tempérer cette habitude, voir à aller dans la direction opposée. D’abord à faire le vide chez moi de toutes ces choses qui prennent une place monstrueuse, qui prennent la poussière, ou qui ont une légère valeur sentimentale mais strictement aucune utilité. Et ensuite à ne pas remplir inutilement l’espace fraîchement libéré avec de nouvelles choses.

Ca marche pas trop mal, et je dois concéder qu’avec le temps, ne plus avoir un espace visuel chargé, mais au contraire un panorama simpliste est apaisant. En cela, le minimalisme a du bon. Après, je ne vais pas non plus mentir, il reste quelques postes chez moi qui continuent d’accumuler du matériel, en particulier la littérature. Pour moi, une grande bibliothèque a toujours apporté une touche inégalée à un lieu.

En parallèle, j’étais tombé il y a quelques mois sur cet article qui décrivait plusieurs façon d’être minimaliste (l’article se veut exhaustif, mais c’est peut-être un peu prétentieux). Ca m’a confirmé qu’on peut être minimaliste sans s’être débarrassé de tout. Et c’est là où je veux en venir. Comme beaucoup de bricoleurs, j’ai commencé ma carrière avec un marteau, deux tournevis, et une pince. Et avec le temps, j’ai accumulé pas mal d’outils différents. Beaucoup, même. Cette semaine encore, j’ai acquis une ponceuse orbitale. Pourtant, j’avais déjà une ponceuse à bande, et une vieille ponceuse excentrique qui doit avoir trois générations de plus que moi. Mais voilà, après l’avoir utilisée, cette ponceuse s’avère plus efficace que ma ponceuse à bande, plus rapide que mon antique ponceuse excentrique (et demande moins de maintenance), et clairement moins fatigante que le ponçage à la main. Est ce que pour autant je dois me débarrasser de mes autres ponceuses ? Bon, ok, peut-être pour la vieillerie. Mais pas la ponceuse à bande. Parce que la vérité, c’est que jusqu’à présent j’utilisais cette ponceuse à bande parce que c’était mon seul outil pour le job. Mais ce n’était pas le bon. C’est ça la leçon que j’ai réapprise : le bon outil pour le bon job. Chacun a son utilité, et à voir ma cadence de travail, disposer des bons outils pour le bon job augmente ma capacité à faire du bon boulot dans un temps réduit, avec des contraintes réduites, une consommation réduite, et un résultat plus propre.

C’est aussi ça, le minimalisme (et en plus ça me donne l’excuse d’avoir un atelier bien fourni).

2 réponses sur « A propos de minimalisme »

Je m’envoie l’article en lien sur ma messagerie au boulot, je n’arrive pas à le lire sur mon pc, et je subodore qu’un peu de google trad ne sera pas de trop 😉
Le minimalisme, je l’expérimente depuis des années, et si je trouve l’idée séduisante, j’en trouve la mise en pratique plus complexe. Un appartement avec quelques meubles, et sans rien qui traîne, c’est vite froid et chirurgical. Un chez-soi dans lequel on a plaisir à rentrer, c’est aussi fait de choses qui peuvent paraître inutiles – mais la beauté, les souvenirs, sont-ils inutiles ?
Concernant les bouquins, si j’ai réduit de moitié leur nombre, et si je réduirai encore leur nombre, je ne peux me passer d’en avoir une pile ou deux à côté de mon lit, parce qu’un intérieur sans livres, c’est pour moi comme un intérieur sans chats ! Par contre c’est extrèmement facile de se passer de certaines choses, réduire le nombre de produits d’entretien, de casseroles, de linge de maison… Et une chose dont je ne veux absolument pas : un bureau ! je trouve ça inesthétique et encombrant. Un pc portable qu’on range après usage, des dossiers bien rangés dans un placard, pour moi c’est un réel « allègement » de l’espace !

Chacun son point de vue, je ne vais certainement pas critiquer. Pour ma part, j’en suis arrivé à un point où les souvenirs et la beauté, c’est dans ma tête. Les bibelots, j’en pouvais plus. Mais c’est ma façon de voir, et à chacun son ressenti, je prétends pas détenir la vérité universelle (qui de toute façon n’existe pas). Je n’ai pas non plus « rien qui traîne », j’ai toujours l’un ou l’autre bricolage en cours, un objet en attente de rangement, tu vois le principe. Et je ne cherche pas non plus à vider la pièce pour le plaisir de ne plus rien avoir. Mais avoir moins de choses, ça me rassure, ça m’apaise. J’ai tendance à rapprocher ça de ma façon d’écrire des mails. J’écris des pavés, d’énormes pavés. Et quand j’ai fini, je relis, et je vire tout ce qui est inutile, redondant, ou juste de trop. Ca reste un pavé à la fin, mais la plupart des gens ignorent à quoi ils ont réellement échappé avec mon plus gros pavé.
Le bureau, moi j’y réfléchis sérieusement, mais je vois ça plus comme une table de bricolage. Autant j’ai mon atelier à la cave pour le gros oeuvre, mais je croule un peu sous la sciure, et c’est plus pour le gros oeuvre. Pour les petits travaux, je squatte aujourd’hui la table de la veranda, mais je sais pas, ça me plairait bien d’avoir une pièce de petit bricolage.

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